L’accueil Petite Enfance dans les Centres Sociaux

« UNE HALTE GARDERIE, UNE CRECHE, UN MULTI ACCUEIL DANS UN CENTRE SOCIAL, C’EST QUOI ? »

Etaient présents :
17 Centres Sociaux de la région
• La FCSF
• 2 Caisses d’Allocations Familiales
• 56 participants

Genèse :
COMMENT DES QUESTIONNEMENTS INDIVIDUELS ET LOCAUX PEUVENT RENCONTRER UN INTERET COLLECTIF ET REGIONAL ?

De la rencontre du Réseau des Centres Sociaux de la Région Centre de novembre 2008 sur « Le social des centres sociaux, de quoi parle-t-on ? », des éducatrices de jeunes enfants des centres sociaux de la Rabière (37 Joué les Tours) et Arc en Ciel (45 Malesherbes) ont pris l’initiative de se rencontrer et d’échanger sur la place des lieux d’accueils petite enfance dans les centres sociaux et leur lien avec les projets sociaux.
Chemin faisant, des haltes garderies de 4 départements de la région (Indre et Loire, Loir et Cher, Loiret et Indre) se sont ralliées à cette démarche pour échanger sur les pratiques de chacun et sur les spécificités d’une halte garderie dans un centre social.
Ainsi, dès les premières réunions, les missions spécifiques d’un centre social sont au cœur des discussions et la défense de l’identité des haltes garderies dans un centre social, leur positionnement ont été les maîtres mots qui ont guidé les débats. Qu’est ce qu’une halte garderie dans un centre social ? Comment s’approprier le projet social ?
C’est tout naturellement que ce groupe constitué fait appel au Réseau des Centres Sociaux de la Région Centre, possédant l’expertise suffisante, pour les aider à co-construire une journée régionale et ainsi à porter la réflexion à un plus grand nombre.
L’objectif étant une appropriation par l’ensemble des équipes des structures d’accueil petite enfance du projet centre social, de construire une culture commune pour ainsi affirmer une identité professionnelle.
C’est pourquoi cette journée a été enrichie par l’apport de Caroline Ladoux, Chargée de Mission FCSF, qui a pu faire le lien entre les spécificités des haltes garderies, les missions des centres sociaux et ainsi l’animation globale, concept défendu par les centres sociaux.

DÉROULEMENT DE LA JOURNÉE :

« Une halte garderie, une crèche, un multi accueil dans un centre social c’est quoi ? »

17 centres sociaux, représentant les départements du Loiret, de l’Indre et Loire, de l’Indre, du Cher et de l’Eure et Loir, ont répondu à l’invitation et 56 participants se sont posés la question, lors de temps d’atelier, de la place des haltes garderies dans les centres sociaux pour ensuite faire le lien avec les projets des centres.
4 ateliers se sont déroulés autour d’une question principale : « C’est quoi pour vous une halte garderie dans un centre social ? »
Ces ateliers avaient pour but de permettre à chacun de s’exprimer sur sa vision des accueils petite enfance dans les centres sociaux et ainsi repérer ce qui fait leurs spécificités. De manière collective les participants se sont arrêtés sur trois spécificités par atelier, ce qui a permis d’en dégager 5 pour la restitution.

MATINÉE – Synthèse des ateliers : spécificités retenues

La halte garderie en centre social c’est :
• Accueillir les enfants et les parents ET faire de l’animation globale.
• Une première porte d’entrée vers d’autres activités
• Permettre un lien avec d’autres partenaires (internes et externes au centre social)
• Un lieu d’écoute et d’accompagnement à la parentalité
• Un lieu de proximité qui s’adapte et répond aux besoins des parents
• Un lieu qui permet des démarches participatives
La halte garderie c’est aussi :
• Une des portes d’entrée pour un travail sur la parentalité
• Pour créer du lien social
• Un lieu d’implication citoyenne
• Assurer une continuité d’accueil, de lien et d’échange pour l’enfant et la famille
• En qualité d’experts (connaissance du territoire et des familles du fait de l’appartenance au projet centre social), la halte garderie est légitime pour être un des acteurs des décisions prises sur un territoire. Elle s’adapte et répond aux besoins des parents.
• La participation des familles (place faite aux parents).
• Un initiateur d’actions coordonnées.
Quelques freins, ne permettant pas d’élaborer des actions transversales et globales, ont également été abordés dans certains ateliers, et notamment :
• L’éclatement de certaines structures (structures en multi site)
• Le manque de temps et d’échange avec l’ensemble des permanents du centre social
• L’organisation interne à la halte garderie
• Les contraintes et résistances institutionnelles (taux d’occupation 70%)
• La non obligation pour les familles d’adhérer au centre social, donc au projet.

A la suite des temps d’échange en atelier et après la restitution en plénière, les participants ont pu visionner le film institutionnel de la Fédération des Centres Sociaux et Socioculturels de France, « Le centre social vu par les habitants ».
En effet, ce film illustrant ce qu’est un centre social au quotidien a permis de faire le lien entre les spécificités repérées le matin et les missions des centres sociaux.
Tout ceci a été appuyé par l’intervention de Caroline Ladoux qui a repris les six fonctions qui rendent les activités d’un centre social cohérentes entre elles. (Circulaire CNAF 1980).

L’APRÈS-MIDI – Les participants ont pu découvrir « la passerelle »,
pratique présentée par l’ensemble des acteurs en lien, soit :
• Les professionnels de la halte garderie du centre social de la Rabière (37 Joué les Tours) Annabelle Do Vale et Véronique Cogny
• Les institutrices des trois écoles du quartier : Mme Chantal Fuzeau (école Paul Langevin), Mme Martine (école Blotterie) et Nelly Deslande (école Mignonne)
• Des parents, Mme Atrach, Mme El Moumni, Mme Saari et Mme

Définition de la passerelle par Véronique Cogny :
C’est un dispositif qui permet à un enfant accompagné de son parent, d’aborder l’école en vue de sa rentrée prochaine.
Plusieurs acteurs partenaires oeuvrent afin de mener à bien ce travail : les parents, les institutrices et les professionnelles de la Halte Garderie.
Historique :
En 1992, une seule visite était organisée sur les deux écoles Langevin et Mignonne. Les professionnelles accompagnaient seules les enfants dans les écoles. Ces expériences ne se sont pas révélées très satisfaisantes car trop courtes.
A partir du constat fait de l’entrée à l’école maternelle d’un enfant qui présentait des difficultés d’adaptation, un travail sur l’accueil de cet enfant a été amorcé entre l’équipe de la halte garderie et l’école, et un réel projet a vu le jour.
Les parents n’ont pas seulement « accompagné » leurs enfants à l’école mais ils ont été accueillis et écouté. Ils ont ainsi pu échanger avec les instituteurs sur leurs angoisses, leurs peurs.
Plus tard la troisième école du quartier s’est associée à la démarche.

Point de vue des professionnelles de la halte garderie :
C’est une action qui s’inscrit dans le projet centre social et qui permet de favoriser le lien entre l’école et les parents, l’accompagnement à la parentalité puisqu’une relation de confiance a été instaurée au préalable entre les parents et les professionnelles de la halte.
“Les parents sont devenus des partenaires à part entière de cette action”
Cependant l’action demande à être continuellement défendue, argumentée auprès des instances décisionnelles du centre social et de ce fait, reconnue comme une des missions défendues par la halte-garderie. Cette reconnaissance de la part de l’association qui gère le centre social s’est traduite par la possibilité d’embaucher une remplaçante quand les passerelles ont lieu afin que la halte garderie ne ferme pas.
C’est une volonté politique de l’association de promouvoir ce genre d’action d’où l’intégration de la passerelle comme une action d’animation globale (différencier le seul moyen de garde et l’animation globale). C’est la plus value d’une halte garderie dans un centre social puisqu’elle s’inscrit dans l’orientation du projet « participer au développement du lien social et à l’exercice de la citoyenneté ».

Point de vue des parents :
Cette action permet aux parents une porte d’entrée sur l’école, un premier contact avec les enseignants. Ils sont reconnus comme de véritables partenaires.
Elle leur permet de dédramatiser et de créer des liens avec l’équipe enseignante.
« On se sépare mieux si on se connaît ».
Pour certains parents qui ont été en difficultés scolaires, cela permet de récréer des liens, lever des tabous et échanger sur des inquiétudes.
Il est moins angoissant pour les parents d’imaginer la journée que vit son enfant quand on a des repères de lieu, des personnes enseignantes et du déroulement de la journée.

Point de vue des institutrices :
Pour les équipes enseignantes c’est une évidence que les parents participent au projet (et même si au début il n’est pas évident de gérer le regard extérieur des parents sur l’enseignement et l’enseignant). Ce travail est à faire sur la durée. C’est la halte garderie qui a insisté sur la notion de durée par rapport à l’enfant.
Ce travail a été reconnu et un grand pas a été franchi grâce aux professionnelles de la petite enfance.
“ Ensemble on est capable de faire bouger les choses ”
Pourquoi avec le centre social ? Car pour les institutrices présentes, dans centre social il y a « centre » qui signifie ce qui est au milieu « le centre social est un point de rendez vous ».
“ Le centre social c’est un pas vers l’égalité des chances ”
Ce projet, travail de partenariat a été réellement reconnu par l’Éducation Nationale puisqu’il est maintenant inscrit dans le projet d’école.
La reconnaissance se mesure par la participation des trois enseignantes à la journée organisée par le Réseau des Centres Sociaux car elles ont eu la possibilité de se dégager du temps scolaire pour venir faire part de ce projet aux acteurs des centres sociaux présents.
Cependant, les professionnelles de la halte garderie alertent sur les freins repérés aujourd’hui.
En effet, la complexification des attentes des CAFs peut mettre en danger ce genre d’action. Il existe un écart entre la volonté de qualité (qui nécessite du temps, des financements et des moyens humains) et les exigences institutionnelles. Le centre social se doit d’anticiper les conséquences de cet écart.

Point de vue du Réseau des Centres Sociaux :
C’est dans des actions comme celle-ci que prend tout le sens de travailler en réseau. C’est cela qui peut permettre de recenser nos atouts, d’affirmer nos spécificités et de faire part de la plus-value des centres sociaux sur un territoire.
“Mutualiser les expériences, c’est faire réseau et donc fédérer autour de bonnes pratiques”
C’est pourquoi le réseau a voulu partager la réflexion des 4 centres sociaux à l’ensemble du réseau pour créer une culture commune et faire valoir ce que l’on fait.
L’intérêt serait alors de capitaliser les actions des accueils petite enfance des centres sociaux et relayer à un niveau national ce qui se fait en région centre.

Point de vue de la FCSF :
Rappel de Caroline Ladoux, Chargée de Mission FCSF : Plus de 2000 centres sociaux ont l’agrément CAF, environ 1000 sont adhérents à la FSCF.
Définition du centre social : « Le centre social est un foyer d’initiatives, portés par des habitants associés, appuyés par des professionnels, capables de définir et de mettre en œuvre un projet de développement social pour l’ensemble du territoire ». Par cette définition l’identité centre social est posée (lire “C’est quoi un centre social ?” de la fédé).
“L’intérêt de travailler en réseau est de promouvoir la démarche et l’identité centre social”
C’est avec des actions telles que celle présentée que l’on peut faire avancer les politiques. Il faut mobiliser les partenaires, et oser se rencontrer pour monter des projets, travailler ensemble.
Caroline termine en faisant le lien avec la campagne de promotion de l’animation globale lancée par la FSCF au niveau national et rappelle les sources et fondamentaux de l’animation globale des centres sociaux et socioculturels.

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